Une production plus intelligente commence par les bons choix
La numérisation, l’automatisation et l’IA figurent en tête des priorités de l’industrie manufacturière flamande. Mais l’amélioration de la productivité ne repose pas uniquement sur la technologie. Elle exige une combinaison de processus solides, d’investissements mûrement réfléchis et d’une vision claire à long terme.
Le Smart Manufacturing Barometer dresse un état des lieux de la manière dont les entreprises manufacturières flamandes investissent aujourd’hui dans les technologies de production intelligentes. Ces quatre enseignements du baromètre montrent les choix opérés par les entreprises pour organiser leur production de manière plus intelligente, plus efficace et plus pérenne.
Des processus solides restent le point de départ
Un processus de production bien organisé constitue le socle de toute démarche ultérieure. La technologie améliore l’efficacité de processus solides, mais ne résout pas à elle seule les problèmes sous-jacents. C’est pourquoi les entreprises manufacturières flamandes continuent d’investir pleinement dans des méthodes d’amélioration éprouvées, telles que :
• Lean Manufacturing pour éliminer autant que possible les gaspillages
• Travail standardisé, management visuel et réunions quotidiennes de démarrage pour mieux fluidifier les processus et réagir plus rapidement
• Quick Response Manufacturing (QRM) pour réduire les délais de production et répondre plus rapidement aux demandes des clients
Les entreprises qui appliquent ces principes avec constance renforcent la stabilité des opérations sur le terrain. Il devient ainsi plus facile d’intégrer progressivement de nouvelles technologies et d’en mesurer objectivement les effets.
La préparation de la production devient elle aussi plus intelligente
Avant même qu’une machine ne commence à produire, les gains potentiels sont encore nombreux. La diversification croissante, la diminution de la taille des séries et l’imprévisibilité des conditions rendent de plus en plus indispensables la préparation et l’optimisation numériques des processus en amont. C’est pourquoi un nombre croissant d’entreprises se tournent vers des systèmes de planification avancés et des simulations de production.
Dans un environnement à forte diversité et à faibles volumes, caractérisé par une grande variabilité, planifier la production constitue un véritable défi. Alors qu’un planificateur expérimenté pouvait autrefois encore conserver une vue d’ensemble, le nombre de variables est aujourd’hui souvent devenu trop élevé. Les outils de planification intelligents et les tableaux de bord prennent en charge les calculs, sans que le planificateur ne perde la maîtrise des opérations. Grâce à des données fiables et actualisées, le planificateur établit plus rapidement un planning réalisable, garde la maîtrise de l’avancement dans l’atelier et peut intervenir immédiatement en cas de panne ou de commande urgente.
Des solutions telles que les jumeaux numériques (des modèles virtuels permettant aux entreprises de simuler et d’optimiser leurs processus de production) gagnent elles aussi en importance. Elles permettent de tester différents scénarios en amont et de prendre des décisions mieux étayées avant même le lancement de la production. En simulant les opérations au préalable, les entreprises peuvent mieux déterminer les adaptations qui feront réellement la différence. Elles réduisent ainsi les risques et évitent des interventions coûteuses dans l’atelier.
De nombreuses applications en sont toutefois encore à un stade exploratoire ou à une phase opérationnelle limitée, car l’élaboration d’un tel modèle nécessite beaucoup de temps et de données. Il n’est cependant pas nécessaire de créer d’emblée une usine virtuelle « complète » : des outils de simulation plus simples permettent déjà au planificateur de calculer différents scénarios hypothétiques et d’anticiper les goulets d’étranglement. La tendance est claire. À mesure que la technologie devient plus accessible, l’ambition d’organiser les processus de production de manière plus intelligente et plus prévisible ne cesse de croître.
Les investissements se réorientent vers l’assistance numérique
Les projets d’investissement font eux aussi apparaître une orientation claire. Les entreprises manufacturières flamandes optent de plus en plus pour des technologies qui assistent les opérateurs et accélèrent l’accès à l’information.
Ainsi, les machines connectées, la gestion numérique de la production (MES) et les instructions de travail numériques figurent parmi les grandes priorités des prochaines années. Les entreprises investissent ainsi progressivement dans un environnement de production où les machines fournissent des données, les processus font l’objet d’un suivi numérique et les opérateurs disposent des bonnes informations au bon moment.
La majeure partie du budget reste toutefois consacrée aux nouvelles machines et lignes de production. Celles-ci demeurent indispensables pour garantir la qualité et la flexibilité. C’est précisément pourquoi il devient de plus en plus important d’adapter de manière ciblée l’assistance numérique aux besoins opérationnels concrets de l’entreprise. C’est à cette seule condition que la technologie génère une valeur ajoutée démontrable.
Quels freins subsistent encore aujourd’hui ?
La volonté de poursuivre la numérisation est forte. Dans le même temps, les entreprises se heurtent encore à plusieurs obstacles bien réels. Il reste notamment difficile d’estimer à l’avance le délai nécessaire pour rentabiliser les investissements technologiques. La pénurie de profils adéquats et l’intégration de nouvelles applications dans les systèmes existants jouent également un rôle important. Fait notable, la résistance sur le terrain n’est pratiquement pas perçue comme un frein. Aujourd’hui, le principal défi ne réside pas dans le manque d’ambition, mais dans la capacité à faire les bons choix.
Conclusie
Le Smart Manufacturing Barometer confirme qu’une production intelligente ne se résume pas à investir dans de nouvelles technologies. Les entreprises qui commencent par consolider leurs processus, avant de les numériser de manière ciblée, gagnent en flexibilité, en productivité et en résilience. Le baromètre constitue ainsi une précieuse boussole pour toutes les entreprises qui souhaitent prendre des décisions d’investissement éclairées.
La parole à un expert
Pascal Pollet – Principal Engineer Manufacturing Strategy, Sirris
« De nombreuses entreprises se demandent dans quelle technologie investir en premier lieu. Le Smart Manufacturing Barometer montre qu’une adoption réussie des technologies commence généralement par une bonne compréhension de ses propres processus. Ce n’est qu’ensuite qu’il devient possible de déterminer les investissements qui feront réellement la différence. »
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